Mireille Cifali

S’engager pour accompagner

Valeurs des métiers de la formation

Lundi 1er octobre 2018, par Ferbos // Livres

La part de l’engagement dans la formation, qu’il s’agisse de former ou de se former, est essentielle. Engagement dans le savoir, la parole, la voix et les techniques, engagement corporel jusque dans les maladresses. Prendre des risques, se maintenir dans un processus de création jour après jour à côté des habitudes, des habiletés, des capacités et même des compétences.

Pour accompagner et parfois résister, un engagement dans le savoir est-il en effet souhaitable ? Être concerné, soi, par le savoir transmis ? Attentif à l’autre à qui l’on s’adresse ? Mireille Cifali répond à ces questions par l’affirmative. Pour un formateur sont alors dessinées l’articulation fragile entre théories et pratiques, ainsi que la place indispensable réservée à un travail éthique. C’est sur son expérience de clinicienne de la formation qu’elle s’appuie pour transmettre les valeurs à l’origine de dispositifs où penser est une joie, où se former est un surcroît d’être autant que de savoir.

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Mireille Cifali :

Historienne et psychanalyste, Mireille Cifali (née Mireille Pierrette Le Coultre[1]) occupe plusieurs fonctions au sein de la Section des sciences de l’éducation de l’université de Genève, Suisse. D’abord assistante des professeurs Michael Huberman et Constance Kamii (1973-1979), elle devient chargée de cours (1981), professeur adjoint (1986) (« Apports des théories psychanalytiques au champ éducatif »), puis professeur ordinaire (1997) (« Analyse du lien éducatif »). Depuis 2010, elle est professeur honoraire.

Après avoir obtenu sa maturité à La Chaux-de-Fonds et réalisé des études de lettres à l’Université de Neuchâtel, elle poursuit sa formation en sciences de l’éducation, soutenant, sous la direction de Michel de Certeau, sa thèse de doctorat (1979) en partie publiée sous le titre Freud pédagogue ? Psychanalyse et éducation (1982). En tant qu’historienne, elle cherche alors, avec Jeanne Moll et Francis Imbert, à saisir comment, dès le début du 20e siècle, des pédagogues se préoccupent de psychanalyse. Avec Daniel Hameline, elle crée la Fondation des Archives Institut J.-J. Rousseau (1984).

En charge d’un cours de premier cycle intitulé “Développement, éducation et relations intersubjectives”, puis “Dimensions relationnelles et affectives des métiers de l’humain”, son exigence est de permettre à celles et ceux qui exercent ces métiers, ou s’y préparent, de comprendre la dimension affective de leurs gestes et paroles. Elle privilégie la transmission de ce domaine sensible. Pour ce faire, elle travaille sur le terrain avec les professionnels de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et du soin et, dans ses cours, recueille les récits des étudiants. Elle peut ainsi écrire Le lien éducatif : contre-jour psychanalytique (1994) puis Dialogues et récits d’éducation sur la différence (avec Bessa Myftiu, 2006).

Elle œuvre dès lors à définir une approche clinique en sciences de l’éducation, en coordonnant en particulier, depuis 2003, des symposiums (REF) d’où sont issus des ouvrages collectifs : avec Giust-Desprairies F., De la clinique. Un engagement pour la recherche et la formation (2005) et Formation clinique et travail de la pensée (2008) ; avec Théberge M. & Bourassa M., Cliniques actuelles de l’accompagnement (2010) ; avec Thomas Périlleux, Les métiers de la relation malmenés. Répliques cliniques (2012) et Clinique du négatif : formation et enseignement sous tensions (2013) ; avec Florence Giust-Desprairies et Thomas Périlleux,  Processus de création et processus cliniques (2015) ; avec Sophie Grossman, Florence Giust-Desprairies et Thomas Périlleux, Présences du corps dans l’enseignement et la formationApproches cliniques (2018).

De ses études de lettres, elle conserve un goût pour le littéraire et son lien avec la construction des connaissances ; elle rédige, avec Alain André, Ecrire l’expérience. Vers la reconnaissance des pratiques professionnelles (2007). Elle donne de nombreuses conférences.

Depuis sa retraite, elle poursuit ses écritures, recueille des images, les assemble et pense les liens entre processus cliniques et processus de création.